Young-love Egbéboua Amavi s’en va sans avoir connu la vérité sur le tir qui lui avait arraché la mâchoire
Le monde des médias togolais est en deuil. Le journaliste et syndicaliste Young-love Egbéboua Amavi s’est éteint, a appris ce jeudi 25 juin 2026 TOGO SCOOP INFO de sources proches de sa famille. Ancien présentateur du journal sportif et ancien chef service des sports sur la Télévision Togolaise (TVT), il laisse derrière lui le souvenir d’un professionnel rigoureux, passionné de sport et profondément attaché à la défense des droits de ses confrères.
Une référence du journalisme sportif à la TVT
Durant toute sa carrière, Young-love Egbéboua Amavi a servi au sein de la Télévision Togolaise, où il s’est imposé comme l’un des visages les plus connus du journalisme sportif national. Pendant plusieurs décennies, il a parcouru les stades, les terrains de sport et les grands événements sportifs du pays. Ses reportages de terrain et sa connaissance approfondie du sport togolais lui ont valu le respect de ses confrères.
Même après son admission à la retraite, l’homme de médias n’a jamais véritablement quitté le journalisme. Animé par la volonté de transmettre son savoir-faire, il a continué à accompagner et former de jeunes journalistes sur plusieurs radios privées de l’intérieur du pays, partageant avec eux son expérience et les valeurs d’éthique professionnelle qui ont marqué sa carrière.
Un engagement syndical sans concession
Au-delà de son parcours journalistique, Young-love Egbéboua Amavi restera également dans les mémoires pour son engagement syndical. Il fut le secrétaire général du Syndicat des agents de l’information, techniciens et journalistes des organes publics (SAINTJOP), une organisation membre de la centre syndicale Synergie des travailleurs du Togo (STT).
Le 14 mars 2013, alors qu’il participait à un sit-in organisé à Lomé par plusieurs organisations de défense des journalistes, notamment « SOS Journalistes en danger », le RAJOSEP et le SYNJIT, pour protester contre la modification de la loi organique de la Haute Autorité de l’Audiovisuel et de la Communication (HAAC), qui selon les organisateurs accorde plus de pouvoir à l’autorité de régulation, il fut grièvement blessé.
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Bien qu’étant déjà à la retraite, Young-love Egbéboua Amavi avait tenu à se joindre à ses confrères. Au cours de la manifestation, il fut atteint à bout portant par une balle en caoutchouc tirée par un policier. Le projectile lui occasionna de graves blessures à la mâchoire, nécessitant une prise en charge médicale d’urgence.

Transporté au CHU Sylvanus Olympio, il dut par la suite être transféré dans une clinique privée afin de bénéficier de soins adaptés. Le gouvernement avait alors pris en charge les frais de son hospitalisation alors que les organisateurs avaient lancé une collecte nationale.
Dans la foulée, le ministre de la Sécurité de l’époque, le Général Damehame Yark, annonçait l’ouverture d’une enquête pour identifier et sanctionner l’auteur du tir. Treize ans plus tard, comme à l’accoutumé au Togo, le journaliste ne connaitra jamais les conclusions de cette enquête avant de rendre l’âme.
Avec la disparition de Young-love Egbéboua Amavi, le Togo perd l’un des pionniers de son journalisme sportif moderne et une voix engagée dans la défense des professionnels des médias. Son parcours illustre à la fois la passion du métier, le sens du service public et le courage des convictions.
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Francine DZIDULA
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