La septième édition de la fête traditionnelle du Grand Lomé, Dunenyo Zã, se poursuit depuis son lancement le 2 août dernier, rassemblant les communautés Bè-Aflao et Agoènyivé autour d’activités culturelles et citoyennes. Ce mercredi 13 août 2025, le Centre communautaire de Bè a accueilli une conférence-débat sur le thème : « Promotion de la cohésion sociale et rôle des femmes et des jeunes dans la consolidation de la culture de paix ».
Animée par des personnalités natives du Grand Lomé, dont Mme Justine Azanlédji-Ahadji, procureure générale près la Cour suprême, Mme Patricia Dagban-Zovidé, enseignante-chercheure à l’Université de Lomé et vice-présidente de RAD Grand Lomé, ainsi que M. Aklade Agbéko Alphonse, gestionnaire et vice-président du Conseil régional Maritime, la rencontre a offert un espace de réflexion sur les valeurs de paix et de solidarité au Togo.
Construire la paix par l’inclusion et la justice sociale
Dans son intervention, Mme Justine Azanlédji-Ahadji a insisté sur l’importance d’une cohésion sociale fondée sur l’inclusion, le respect de la diversité, le dialogue et la solidarité. Selon elle, « la paix et la cohésion sociale sont des piliers fondamentaux du développement durable et de la stabilité des sociétés ».

Elle a identifié plusieurs défis majeurs au Togo :
-Faible volonté politique et manque de suivi des politiques publiques ;
-Méfiance entre citoyens et autorités, parfois liée à la politisation des initiatives ;
-Inégalités sociales et territoriales, aggravant la marginalisation ;
-Insuffisance de l’éducation civique et du dialogue intercommunautaire ;
Pour y remédier, la magistrate a proposé :
-Une gouvernance inclusive impliquant toutes les catégories sociales ;
-La distribution équitable des ressources et budgets participatifs au niveau local ;
-Le renforcement de l’éducation civique et morale à la paix ;
-La valorisation des langues et cultures locales comme ciment identitaire.
Les femmes, bâtisseuses de la paix au quotidien
Mme Patricia Dagban-Zovidé a, pour sa part, mis en avant le rôle central des femmes dans la consolidation de la paix, en particulier au sein de la famille. « La famille est la première école de la cohésion sociale, et les femmes en sont les directrices », a-t-elle affirmé.
Selon elle, les femmes, par leur rôle d’éducatrices et de médiatrices, inculquent dès le jeune âge des valeurs essentielles : respect, tolérance, solidarité et partage. Elles sont également les gardiennes des liens intergénérationnels et jouent un rôle clé dans la prévention des conflits domestiques et communautaires.
La jeunesse en première ligne pour la paix et le développement
Dans son intervention, Aklade Agbéko Alphonse, gestionnaire et vice-président du Conseil régional maritime, a salué l’engagement croissant de la jeunesse dans la prévention et la résolution des conflits. Selon lui, les jeunes jouent un rôle clé en servant d’intermédiaires entre groupes sociaux, milieux religieux, partis politiques ou générations, afin de prévenir ou d’apaiser les tensions.
Dans plusieurs comités communautaires, des volontaires épaulent les chefs traditionnels pour régler pacifiquement les différends familiaux ou de voisinage. Leur action ne se limite pas à la médiation : dans les établissements scolaires, ils organisent des campagnes de sensibilisation contre la violence et pour la promotion de la paix, favorisant le dialogue et la tolérance.

Une force pour le développement local
La jeunesse ne se contente pas que de résoudre les conflits : elle participe activement au développement local. Les jeunes s’investissent dans des projets environnementaux, culturels et sociaux qui renforcent la solidarité et contribuent à instaurer un climat apaisé.
« Leur implication renforce la cohésion sociale et aide à réduire les tensions », souligne M. Akladé.
Des initiatives concrètes pour l’environnement et la cohésion sociale
Dans certains quartiers du Grand Lomé, de jeunes volontaires ont lancé un projet de salubrité ou de reboisement communautaire couplé à un programme de gestion des déchets. Cette initiative a permis de fédérer les habitants autour d’objectifs communs, associant protection de l’environnement et renforcement des liens sociaux.
En prélude à cette conférence, un concours portant sur comment nouer un pagne a eu lieu.
Dunenyo Zã : entre tradition et modernité
Initié en 2017, Dunenyo Zã se célèbre chaque année à tour de rôle dans les trois grandes communautés du Grand Lomé : Bè, Aflao et Agoènyivé. Cette édition 2025 marque la troisième fois que Bè accueille les festivités, un retour symbolique à la terre d’origine de la tradition. L’objectif de cette fête est de mettre en lumière le riche patrimoine culturel des peuples autochtones de Lomé, renforcer l’unité et favoriser le dialogue intercommunautaire.
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En intégrant des débats sur la cohésion sociale dans ses festivités, le Grand Lomé montre que le patrimoine culturel peut être un levier puissant pour renforcer la paix et l’unité nationale.
L’apothéose de cette fête aura lieu samedi prochain à Baguida.
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Albert AGBEKO
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