À Homagan, dans la commune Ogou IV, à environ 64 kilomètres à l’est d’Atakpamé, la célébration ce dimanche 9 août 2026 du jubilé d’or de l’Église évangélique presbytérienne du Togo (EEPT), paroisse de Homagan, a pris des allures de grande fête populaire et religieuse. Entre salves, fanfares, chants, danses traditionnelles et prières, le village s’est réveillé au rythme des 50 ans d’histoire de sa communauté chrétienne.
Dès les premières heures de la journée, Homagan n’avait rien d’un village ordinaire. Le silence matinal a été rompu par 21 coups de salve, donnant le ton d’une journée placée sous le signe de la célébration et de la reconnaissance. Dans les rues, les sons de la fanfare se mêlaient aux chants des groupes musicaux et traditionnels. Une atmosphère festive qui annonçait l’arrivée du corps ecclésiastique.
À l’entrée du village, le clergé a été accueilli au milieu d’une procession rythmée par les percussions et les chants. Les fidèles, nombreux, ont accompagné cette marche jusqu’au parvis de l’église. Les sonorités de la fanfare donnaient à la cérémonie une dimension solennelle, tandis que les chorales apportaient une touche populaire à cette célébration religieuse.

Après un passage au domicile du pasteur, place aux moments forts de la matinée. Le corps ecclésiastique a procédé à la coupure du ruban, suivie de la consécration du temple. Le dévoilement de la pierre commémorative du jubilé d’or est venu inscrire dans la pierre le souvenir de cette étape majeure de l’histoire de la paroisse.
Une église plongée dans les chants et les couleurs du jubilé
La célébration s’est poursuivie par le culte proprement dit, organisé sous les apatams installés dans la cour de l’église. Plusieurs centaines de fidèles ont pris part à ce moment de communion.
Dans l’assistance, le pagne conçu pour le cinquantenaire dominait les couleurs de la fête. Hommes, femmes et enfants arboraient les mêmes motifs, donnant à la cour de l’église l’allure d’une grande fresque humaine aux couleurs du jubilé.

À mesure que les chants de louange s’élevaient, les voix des fidèles se mêlaient aux instruments de musique. Les moments de prière alternaient avec les chants d’allégresse, donnant à la cérémonie un rythme tantôt solennel, tantôt festif.
La veille déjà, Homagan avait vibré au son de la musique. Un grand concert avait réuni plusieurs chorales et groupes musicaux. La grande chorale du Temple de Tokoin Centre à Lomé, Hadzihagan de Kpeyi, Azovou, la chorale Kékéli de Legbasito Béthel, la fanfare Kové ainsi que plusieurs chorales de la région avaient animé la soirée.
Dans cette succession de chants, de voix et d’instruments, la musique n’était pas seulement un divertissement. Elle constituait aussi un langage de foi, de mémoire et de reconnaissance.
« Seigneur, dans ta fidélité, reçois notre reconnaissance »
Au cœur de la célébration, le message biblique a rappelé la dimension spirituelle de ce jubilé. Tirée de 2 Thessaloniciens 3:3, la prédication s’est appuyée sur cette parole : « Le Seigneur est fidèle, il vous affermira et vous préservera du malin. »

Dans son message, le pasteur EWOVOR Kodjo a insisté sur les épreuves auxquelles le chrétien peut être confronté, tout en rappelant que la foi permet de les surmonter. Le chrétien, a-t-il souligné, doit continuer à faire confiance à Jésus, qui lui-même a connu les persécutions et les a vaincues.
La prédication s’est achevée sur un appel à l’action de grâce et à la reconnaissance envers Dieu, avec une pensée particulière pour les pionniers de la foi à Homagan et leurs descendants.
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Pour le prédicateur, le jubilé ne saurait cependant se limiter à une journée de fête. La reconnaissance doit se traduire quotidiennement par des actes de foi et des réalisations concrètes. La construction du temple et du presbytère constitue, à ses yeux, l’une des expressions visibles de cette reconnaissance.
Les pionnières honorées
Avant la prédication, le porte-parole du comité d’organisation, le Dr Emmanuel Sogadji, a présenté l’historique de l’Église ainsi que le travail réalisé par l’équipe de rédaction du document commémoratif.
Trois pionnières de l’Église presbytérienne de Homagan, toujours en vie, ont particulièrement été mises à l’honneur. La célébration a également été l’occasion de leur rendre hommage pour avoir contribué à écrire l’histoire de la paroisse. Il s’agit de DANLOME Lomenou, SOGADJI Danyihoun Antoinette et SENOU Megnonwou Antoinette. Toutes trois ont reçu une attestation d’honneur en reconnaissance de leur engagement et de leur fidélité à la communauté.

Pour le président du comité d’organisation, ces 50 années ne peuvent être dissociées des sacrifices consentis par les générations précédentes. L’implantation de l’Église dans le village est le fruit, selon lui, de plusieurs années de lutte et de travail.
Il a rappelé notamment le rôle joué autrefois par les catéchistes, qui intervenaient également dans les domaines de l’éducation et de la santé. L’Église a ainsi contribué à l’installation de la première école du village et à l’accès des populations aux premiers soins.
Une communauté tournée vers l’avenir
Au-delà des souvenirs et des festivités, le jubilé a également permis de réfléchir à l’avenir.
La communauté estime notamment que la construction d’un nouveau centre de santé constitue l’un de ses défis. Malgré l’existence d’une structure sanitaire publique, les responsables jugent nécessaire de rapprocher davantage les soins des populations au regard de l’évolution des besoins.
L’éducation, la vie chrétienne, la solidarité communautaire, le développement et surtout l’électrification du village figurent également parmi les priorités évoquées pour les prochaines décennies.

La communauté presbytérienne de Homagan compte aujourd’hui environ 400 fidèles et appartient au district de Homagan, qui regroupe plusieurs paroisses environnantes.
La cérémonie s’est achevée dans la même ferveur qu’elle avait commencée. Les officiants ont intercédé pour la paroisse, le district, l’EEPT, ses ouvriers, mais aussi pour le Togo et ses dirigeants. Puis la fête s’est prolongée dans les maisons, comme pour rappeler que cette histoire religieuse est aussi devenue une histoire collective.
Notons que la paroisse de Homagan fondée en 1964 compte en réalité 64 années d’existence. Le décalage s’explique par le fait que la communauté n’avait pas été en mesure de préparer à temps la célébration de ses 50 ans. Les préparatifs ayant finalement abouti, la paroisse a choisi de marquer officiellement cette étape avec plusieurs années de retard.
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Albert Akouété AGBEKO
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