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Jour sombre pour la presse togolaise. Recul de la liberté de presse de presse au Togo. Deux journalistes et directeurs de publications, Ferdinand Ayité et Joel Vignon Egah viennent d’être placés sous mandat de dépôt. Un troisième, Isidore Kouwonou rédacteur en chef et secrétaire général du Syndicat des journalistes indépendants du Togo est quant à lui placé sous contrôle judiciaire. Tout ceci se déroule un 10 décembre consacré comme journée internationale des droits de l’Homme.
Procédure expéditive. Alors que certains pensait qu’ils finiront le temps de la garde-à-vue tout s’est vite allé. Tout d’abord c’est le directeur de publication du journal « L’Alternative » qui a été convoqué le 9 décembre 2021 sur plainte de deux ministres pasteurs membres du gouvernement Dogbé, selon l’avocat de la défense pour « outrage à autorité et diffamation ». Il sera suivi par son co-invité dans l’émission Joël Egah et l’animateur Isidore Kouwonou. Les trois journalistes intervenaient dans une émission sur une chaîne You Tube du journal l’Alternative.
Au cours de la procédure, au lieu que le code de la presse leur soit appliqué comme il l’est pour les journalistes, c’est l’article 490 du code pénal qui leur est opposé parce que dit-on, ils n’ont pas utilisé le canal d’un média.
Les accusés contestent cette procédure et refusent de parler. C’est ce qui a certainement accéléré leur placement sous mandat de dépôt. Conduit en fin de soirée chez le procureur de la République. Ce dernier a décerné contre Ferdinand Ayité et Joel Egah un mandat de dépôt et placé sous contrôle judiciaire Isidore Kouwonou. Les deux premiers ont été conduits dans la nuit à la prison civile de Lomé alors que Kouwonou a quant à lui regagné son domicile.
Depuis 17 ans, c’est la première fois qu’un journaliste est condamné au Togo pour délit de presse. En effet, la dépénalisation des délits de presse faisant partie des 22 engagements pris par le Togo en 2004 devant l’Union européenne pour la reprise de la coopération rompue avec le Togo pour déficit démocratique.
Le verdict vient de tomber en pleine nuit, pour l’heure, pas réaction des organisations de défense de la presse.
Ferdinand Ayité, faut-il le rappeler est l’un des journalistes d’investigation du Togo le plus connu tant à l’intérieur du pays qu’à l’extérieur. Il est l’origine de l’affaire dite « petrole-gate ».
Albert AGBEKO
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