Renaissance africaine ou improvisation politique ? Les zones d’ombre autour de la convention du MMLK
À force d’annonces médiatiques et de déclarations solennelles sur « l’enterrement de Berlin 1885 », Pasteur Edoh Komi aura finalement offert une démonstration inquiétante d’impréparation organisationnelle. La Convention de la Renaissance Africaine, annoncée depuis plusieurs semaines comme un événement historique devant faire de Lomé la capitale du panafricanisme, n’aura finalement pas lieu. En cause : l’absence de récépissé de l’IPRA, structure coorganisatrice de l’événement.
Le paradoxe est saisissant. Comment prétendre porter un projet continental de « renaissance africaine » quand l’organisation partenaire censée accompagner cette ambition ne dispose même pas d’existence administrative reconnue ? Au Togo, même les plus modestes associations de revendeuses de piment du quartier prennent soin d’obtenir leur récépissé. Pour une structure qui ambitionne de « donner un coup de grâce à la Conférence de Berlin », cette négligence apparaît comme un signal préoccupant d’amateurisme.
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Depuis des semaines, le Mouvement Martin Luther King et l’IPRA ont multiplié les annonces médiatiques, promettant une rencontre historique capable de marquer un tournant dans le combat panafricain. Pourtant, aucun responsable clairement identifié de l’IPRA n’est apparu publiquement. Aucun nom, aucune présentation officielle de l’équipe dirigeante, aucun détail concret sur les participants ou le déroulement de la rencontre. Un flou total entourait déjà l’événement.
Plus troublant encore, selon le communiqué du MMLK lui-même, le ministère de l’Administration territoriale avait notifié dès le 13 mai 2026 son refus d’autoriser la rencontre en raison de l’absence de personnalité juridique de l’IPRA. Pourquoi avoir gardé le silence pendant près de deux semaines avant de rendre publique cette décision à seulement 24 heures de l’événement ? Pendant ce temps, le Pasteur Edoh Komi continue par annoncer qu’il s’est retiré au couvent pour mieux préparer la rencontre. Cette rétention d’information interroge sérieusement sur la transparence des organisateurs.
Des sources indiquent même qu’à deux jours de la rencontre, aucune salle n’avait été officiellement réservée pour accueillir l’événement. Un détail qui renforce davantage le sentiment d’improvisation.
Le panafricanisme et la souveraineté africaine sont des combats sérieux qui exigent rigueur, crédibilité et organisation. Or, lorsqu’une initiative censée incarner la « Renaissance africaine » échoue déjà à satisfaire aux exigences administratives élémentaires, il devient difficile de convaincre l’opinion du sérieux du projet porté.
À vouloir transformer chaque déclaration en épopée historique sans préparer solidement les bases de son action, Pasteur Edoh Komi prend le risque de décrédibiliser lui-même le combat qu’il prétend défendre. Car les grandes causes ne se construisent pas uniquement avec des slogans ou des formules symboliques. Elles reposent aussi sur la méthode, la cohérence et le professionnalisme.
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Albert Akouété AGBEKO
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