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APSFD-Togo : comment le microcrédit renforce l’autonomie des femmes commerçantes

 

 

L’Association professionnelle des systèmes financiers décentralisés du Togo (APSFD-Togo) a rendu publics, le 25 mars 2026, les résultats d’une vaste enquête menée auprès de 1 680 commerçantes et commerçants des marchés du pays. Cette étude met en lumière l’impact concret du crédit accordé par les Systèmes Financiers Décentralisés (SFD) sur la vie des femmes commerçantes et sur l’équilibre économique des ménages togolais.

Les conclusions sont sans équivoque : l’accès au financement améliore significativement l’autonomie financière des femmes, soutient la scolarité des enfants et renforce la stabilité des foyers. Dans un contexte où les marchés constituent le cœur de l’économie informelle, ces crédits apparaissent comme un véritable moteur de développement social et économique.

 

Le crédit, un outil clé pour renforcer les ménages

Selon le rapport, 63,19 % des bénéficiaires affirment que le crédit a nettement amélioré leur situation personnelle ou familiale. Cette amélioration se traduit par une meilleure sécurité financière, une plus grande capacité à faire face aux dépenses courantes et une consolidation des activités commerciales qui représentent souvent la principale source de revenus du foyer.

Le crédit est majoritairement utilisé pour l’achat de marchandises (54,36 %), permettant aux commerçantes d’augmenter leurs stocks et de mieux répondre à la demande du marché. D’ailleurs, 78,87 % des utilisatrices déclarent que ces financements leur ont permis d’élargir leurs stocks, garantissant ainsi la pérennité de leur activité.

Plus de 46 % des bénéficiaires accèdent à des financements supérieurs ou égaux à 500 000 FCFA, avec 24,83 % recevant entre 500 001 et 1 000 000 FCFA, et 21,48 % obtenant plus d’un million de FCFA. Ces chiffres témoignent du rôle stratégique des SFD dans le financement du commerce de détail à travers le pays.

 

L’éducation des enfants, une priorité financée par le crédit

L’un des enseignements majeurs de l’enquête concerne l’impact direct du crédit sur la scolarité des enfants. En effet, 70,95 % des commerçantes interrogées déclarent avoir utilisé leur prêt pour financer les frais scolaires de leurs enfants.

Ce choix traduit une priorité claire accordée à l’investissement dans le capital humain. Les femmes privilégient les dépenses structurantes à long terme plutôt que la simple consommation immédiate. À titre de comparaison, seulement 3,38 % des fonds sont consacrés à l’alimentation du foyer.

Le rapport souligne ainsi que l’accès au crédit ne se limite pas au soutien des activités commerciales, mais devient un instrument de promotion sociale, permettant aux familles d’assurer l’avenir éducatif de leurs enfants.

 

Une autonomie financière qui transforme le rôle des femmes

L’étude révèle également que 96,50 % des femmes commerçantes estiment que le crédit a renforcé leur autonomie financière. Cette indépendance leur permet de prendre des décisions plus libres concernant la gestion des revenus, les investissements familiaux et les priorités du ménage.

Cette autonomie modifie profondément l’organisation du foyer. Les femmes deviennent des actrices centrales de la gestion domestique, capables d’orienter les ressources vers des choix stratégiques comme l’éducation, l’épargne ou le développement de l’activité commerciale.

Le profil type de l’utilisatrice est celui d’une femme âgée de 36 à 45 ans, commerçante expérimentée, fidèle à son institution de microfinance depuis plus de trois ans. La majorité est affiliée à des structures majeures comme la FUCEC-Togo ou WAGES, avec une forte présence dans les grands marchés de Kara, Sokodé, Dapaong, Atakpamé, Kpalimé et Lomé.

 

Des défis persistants et des recommandations pour moderniser les services

Malgré ces résultats encourageants, plusieurs obstacles freinent encore le remboursement des crédits. La faiblesse des ventes constitue le principal frein pour 55,88 % des répondantes, suivie par les problèmes de santé ou familiaux (23,53 %) et les saisons économiques difficiles (20,59 %).

Face à ces réalités, 83,78 % des commerçantes souhaitent accéder à des crédits à long terme afin de mieux adapter les remboursements à leurs cycles d’activité et de financer des projets durables.

L’enquête note également que l’usage des produits digitaux reste très faible. Les services traditionnels comme l’épargne et le crédit dominent largement, tandis que les solutions numériques sont encore peu intégrées. L’APSFD-Togo recommande ainsi de moderniser l’offre en intégrant davantage les services de monnaie électronique comme Flooz et TMoney, afin de renforcer l’inclusion financière et d’améliorer la qualité des services proposés.

Au final, l’étude confirme que le crédit des SFD constitue bien plus qu’un simple financement commercial : il s’impose comme un levier essentiel de transformation économique, sociale et familiale pour les femmes commerçantes du Togo.

 

 

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Albert Akouété AGBEKO

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