Jean-Pierre Fabre, le président de l’ANC : « Les autorités togolaises ont la brutalité dans leur ADN »
Jean-Pierre Fabre (Photo archives)
Le Président de l’Alliance nationale pour le changement (ANC), Jean-Pierre Fabre, a accusé ce jeudi 23 septembre 2021, les autorités togolaises de « mauvaise gestion » de la crise sanitaire liée à la Covid-19. C’était au cours d’une rencontre avec la presse nationale.
Répondant aux questions des journalistes, le maire de la Commune Golfe 4 n’a pas mâché ses mots. « Le gouvernement gère très mal le dossier de la covid-19(…) Il y a un laisser-aller dans les marchés, dans les écoles, dans les taxis partout… », a-t-il déclaré dénonçant l’absence de rigueur.
« Il faut une rigueur, il faut être régulier dans la lutte. Il ne faut pas gérer un dossier en menaçant, en étant laxiste, en re-menaçant en étant laxiste. Et puis après on prend des mesures, ça ne donne aucun résultat. C’est ce qui se passe dans notre pays. C’est les difficultés auxquelles on est confronté, on n’est pas permanent dans la gestion du dossier », a indiqué M. Fabre.
L’ex chef de file de l’opposition n’a pas manqué d’apprécier le comportement des autorités togolaises par rapport à la pandémie. Et ce dernier dit n’est pas être surpris par ce comportement car « les autorités togolaises ont la brutalité dans leur ADN. Vous ne pouvez rien, elles sont comme ça. Elles se comportent avec brutalité et tout ce qui a été dit ces derniers temps par rapport à la sortie d’autres responsables du pouvoir en place tout ça n’est pas un hasard. C’est de l’abondance du cœur que la bouche parle… », a insisté le président de l’ANC pour qui il ne faut pas mêler la position de son parti appelant la population à se faire vacciner à ce que le pouvoir et en train de faire. « Le pouvoir en place agit avec sa culture de la violence, de la brutalité et bien évidemment nous ne sommes pas d’accord ».
LE COMPORTEMENT DU GOUVERNEMENT « DESARÇONNE »
Le parti orange se targue d’être un exemple en matière de lutte contre la covid-19 puisque le président et tous les cadres du parti se sont fait vacciner. Mais ce qu’on ne comprend pas au sein de ce parti c’est le comportement du gouvernement qui « désarçonne ». C’est bien d’inviter les populations à se faire vacciner mais cela exige également une communication adaptée, déclare Eric Dupuy. « Quand on décide de l’utilisation du pass vaccinal pour avoir accès à l’administration, on doit d’abord s’interroger sur le nombre de togolais déjà vacciné. On ne sait combien de Togolais ont été vaccinés ? On ne sait pas sur les 7 millions de Togolais que nous sommes, si au moins un million de Togolais a été vacciné ? Je ne le pense pas puisque jusqu’à présent on n’a pas encore eu 2 millions de doses au Togo. Mais on décide qu’à partir d’aujourd’hui si vous devez aller faire votre carte d’identité, il faut présenter votre pass vaccinal », commente Dupuy qui conseille au gouvernement de se préoccuper d’abord d’augmenter le nombre de vaccinés avant l’imposition du pass vaccinal. Pour le conseiller en communication de Fabre, il est « inquiet » quand le Premier ministre déclare que c’est pour faire peur à la population.
« Il manque au gouvernement une volonté de communiquer avec la population pour lui faire comprendre le bien-fondé de la vaccination et recenser le nombre de personnes vaccinés », a réaffirmé M. Dupuy.
IL FAUT AGIR MALGRE LA BOURDE DU PM
Isabelle Améganvi, vice-présidente du parti est également allée de son commentaire. Pour l’ancien élu de Kpélé malgré la bourde monumentale du Premier ministre Victoire Dogbé on ne doit pas laisser la population dans cette situation de déni du vaccin, ce qui justifie son omniprésence ces derniers jours sur les réseaux sociaux pour apporter la vraie information à la population.
« La population togolaise n’a rien à faire du montant du vaccin. Ce n’est pas ça son problème, son problème c’est d’avoir la santé, c’est qu’on règle son problème. Le problème auquel il est confronté la covid-19 et que le vaccin anti-covid-19 coûte 20 milliards ou 100 milliards ce n’est pas ça son problème », assène-t-elle. Pour l’adjointe au maire de Golfe 4, c’est de la responsabilité du gouvernement de protéger la population et donc à l’assemblée nationale, ce n’était pas le coût de la vaccination qui était le problème mais comment faire pour faire adhérer le plus grand nombre à la vaccination pour qu’on puisse atteindre rapidement l’immunité collective surtout sur les réseaux sociaux les gens sont dans le déni de la maladie. « Et donc dans une situation comme celle-là, ce n’est pas ce langage qu’on tient vis-à-vis d’une population très fragile et qui est réfractaire à la vaccination », a regretté Me Ameganvi.
Albert AGBEKO
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