Alors que la campagne électorale pour les élections municipales du jeudi 17 juillet 2025 touche à sa fin, l’ambiance générale laisse un goût d’inachevé. À quelques heures de la journée du silence électoral prévue demain, les électeurs sont appelés à faire un choix décisif dans un climat empreint de lassitude et de désillusion.
Une campagne sans ferveur populaire
Malgré un déroulement globalement calme, la campagne électorale n’a pas su rallumer la flamme de l’engagement citoyen. Dans les rues, les meetings clairsemés et les affiches peu visibles témoignent d’un manque criant d’enthousiasme. Le contexte de crise sociopolitique que traverse le pays a sans doute pesé sur l’ambiance générale, mais il n’explique pas tout. Ce qui frappe, c’est l’indifférence manifeste de la population, bien loin des scènes festives qui rythmaient autrefois les périodes électorales au Togo.
Pour justifier l’absence de visibilité sur le terrain, presque tous les candidats invoquent une stratégie de proximité : le porte-à-porte. Un argument récurrent qui peine à convaincre les observateurs, tant l’atonie est palpable. L’impression générale est que les électeurs sont fatigués à l’image de Robert Dussey… et les candidats aussi.
Des moyens inégaux, une fracture financière entre partis
Autre point marquant de cette campagne : l’inégalité flagrante dans les moyens financiers entre les partis politiques. Alors que la majorité des candidats, y compris les indépendants, peinent à rassembler les ressources nécessaires pour battre campagne, un parti se distingue par une puissance financière hors norme. La Vème République n’a pas fait changer les méthodes. C’est les mêmes qu’il utilisait dans l’ancienne République qu’il a continué par utiliser.
Mais cette abondance de moyens n’est pas sans susciter des tensions internes. Selon plusieurs sources, les têtes de liste de ce parti auraient reçu des fonds importants pour soutenir les activités de campagne. Or, ces sommes ne semblent pas avoir été redistribuées équitablement aux colistiers. Résultat : frustration, soupçons de détournement et grogne grandissante dans les rangs. Certains candidats dénoncent une situation où ils doivent encore puiser dans leurs propres poches pour financer la campagne, sans voir la couleur des fonds annoncés.
Une campagne à l’image du climat politique
Cette campagne électorale municipale semble être le reflet fidèle de la crise de confiance généralisée qui mine la classe politique togolaise. Entre lassitude des électeurs, désengagement populaire et conflits internes au sein des formations politiques, le scrutin du 17 juillet s’annonce dans une ambiance de désenchantement.
Le manque d’équité dans le financement, l’absence de débats de fond et la stratégie du « minimum visible » ont contribué à installer une dynamique de résignation. Le vote aura-t-il lieu dans les meilleures conditions ? Le silence électoral prévu demain permettra-t-il aux citoyens de trancher sereinement ?
Une chose est sûre : ces municipales 2025 marquent une rupture avec les campagnes électorales du passé, et laissent entrevoir les défis profonds qui attendent la démocratie locale au Togo.
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Francine DZIDULA
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