À l’issue de trois jours d’intenses travaux, les participants à l’atelier national des acteurs non étatiques (ANE) sur les systèmes agroalimentaires se sont séparés le jeudi 30 avril 2026 à l’Hôtel La Concorde à Lomé. Organisée dans le cadre de la mise en œuvre du Programme détaillé de développement de l’agriculture en Afrique (PDDAA), cette rencontre stratégique a permis d’établir un diagnostic partagé du secteur agricole togolais et d’acter la mise en place d’une plateforme nationale des ANE, désormais présidée par Mme Claire Quenum.
Une plateforme au cœur de la gouvernance agricole
Plus qu’une simple structure, la plateforme mise en place se veut un véritable instrument de transformation du secteur agricole. Elle ambitionne de fédérer les organisations de la société civile, les producteurs, les organisations professionnelles et les autres acteurs non étatiques afin de renforcer leur influence dans l’élaboration, la mise en œuvre et le suivi des politiques agricoles.
« Nous ne devons pas créer une plateforme de plus, mais une plateforme qui transforme réellement le secteur agricole togolais », martelé ESSIOMLE Koami, Directeur des politiques, de la planification et suivi-évaluation au ministère de l’agriculture, insistant sur la nécessité de passer d’une participation symbolique à un engagement structuré et impactant.
Dans un contexte marqué par des défis persistants liés à la sécurité alimentaire, au financement agricole et à l’accès aux marchés, cette plateforme apparaît comme un levier stratégique pour améliorer la gouvernance du secteur et garantir une meilleure prise en compte des besoins des producteurs.
Un rôle clé dans le plaidoyer et le suivi des politiques publiques
La plateforme des ANE devra jouer un rôle central dans le plaidoyer en faveur de politiques agricoles plus inclusives et plus efficaces. Elle aura notamment pour mission de porter la voix des acteurs de terrain auprès des décideurs publics, en s’appuyant sur des données concrètes issues des revues biennales du PDDAA, du Plan national d’investissement agricole (PNIA) et du Programme de modernisation des achats et des transactions agricoles (ProMAT).
Elle contribuera également au suivi-évaluation des politiques publiques agricoles, en renforçant les mécanismes de redevabilité et en veillant à une meilleure transparence dans l’allocation des ressources.
« Ce comité va fédérer les organisations de la société civile afin de renforcer le suivi des actions du ministère de l’Agriculture et d’améliorer la collaboration entre l’État et les acteurs non étatiques », a expliqué Mme Claire Quenum, présidente de la plateforme.
Une dynamique collective saluée par les partenaires
Les différentes interventions ont été marquées par des messages de reconnaissance et d’engagement. Le représentant de CARE Bénin-Togo a salué la mobilisation des participants et souligné l’importance de mieux structurer les actions des ANE pour influencer efficacement les politiques publiques.
De son côté, le représentant de la GIZ a mis en avant les avancées concrètes issues des travaux, notamment la mise en place d’un comité ad hoc chargé d’assurer la continuité des décisions prises.
Le ministère de l’Agriculture, à travers son directeur des politiques, de la planification et du suivi-évaluation, a insisté sur la portée stratégique de la plateforme, la présentant comme un outil essentiel pour impulser des changements durables dans le secteur agricole.
Une ambition nationale et sous-régionale
Au-delà du cadre national, les acteurs non étatiques affichent une ambition claire : faire de cette plateforme une référence à l’échelle sous-régionale et continentale. Cette reconnaissance permettrait au Togo de mieux peser dans les discussions sur les politiques agricoles africaines et de renforcer la coopération avec d’autres pays engagés dans le PDDAA.
Les participants ont rappelé que la réussite de cette initiative dépendra avant tout de l’engagement des acteurs eux-mêmes. « Ce sont les acteurs qui doivent faire vivre cette plateforme », a insisté M. ESSIOMLE appelant à une mobilisation continue.
Transformer les engagements en résultats concrets
Clôturant les travaux, les intervenants ont unanimement souligné que le véritable défi commence après l’atelier. Il s’agira désormais de traduire les résolutions en actions concrètes, mesurables et durables.
La plateforme des acteurs non étatiques apparaît ainsi comme un outil stratégique pour bâtir une agriculture togolaise plus inclusive, résiliente et performante, capable de répondre aux enjeux de sécurité alimentaire et de développement économique.
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Francine DZIDULA
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